Bővebb ismertető
Chapitre préliminaire
« le suis une vérité qui ne cesse de mentir » (CM, 14)
Introduire une these sur Michel Tournier, c'est faire preuve d'une sortie réussie d'un labyrinthe a la fois fascinant et inQuiétant. Fascinant, le labyrinthe de Tournier l'est a coup sur grâce au fil d'Ariane tendu par l'auteur, prometteur d'une sortie heureuse, pleine de sens. Chemin faisant, l'on s'avise que de ce labyrinthe tres embrouillé il n'y a pas d'unique issue : il est traversé de voies, de sentiers, de « chemins qui ne menent nul part », sinueux, tortueux et en zigzags De fait, ces différentes lignes de nature différente, de forces et de fuites, composent un « éche-veau », un « ensemble multilinéaire » et rendent cet espace « multiple » et comme tel inquiétant.
Passé par cette expérience, nous avons en vue des la premiere page de notre travail de montrer cet écheveau compliqué de lignes, meme si ce projet embrasse un autre, notamment, le renoncement au postulat de vérité, lequel semble apparemment fonder la relation que Michel Tournier et, a travers lui, la critique tourniérienne prétendaient entretenir avec son ouvre. Le type d'interrogation que nous nous proposerons de mener a bien consiste moins a donner une lecture des ouvres de Michel Tournier, mais beaucoup plus a suivre les lignes, les séries de « mélectures » en ne cherchant qu'a superposer ces lignes les unes sur les autres, non pas pour les expliquer, mais plutôt en vue de les compliquer, d'en multiplier les dispositifs de lectures. Pour ce, nous nous sommes placée dans la perspective d'une « philosophie des dispositifs' », telle qu'elle s'élabore sous la plume de Gilles Deleuze en fonction de la philosophie de Michel Foucault.
Deleuze dans « qu'est-ce qu'un dispositif ? » présente la philosophie de Michel Foucault comme « une analyse des 'dispositifs' concrets ». Ainsi le dispositif est-il « un ensemble multilinéaire » ayant pour composantes « des lignes de visibilité, d'énonciation, des lignes de forces, des lignes de subjectivation, des lignes de felure, de fissure, de fracture » aui « s'entrecroisent et s'emmelent » de maniere a susciter des « variations » ou meme de nouvelles « mutations d'agencement ». D'ou Deleuze conclut sur le caractere d'emblée « multiple » et « en devenir » de tout dispositif impliquant « la répudiation des universaux^ ».
A vouloir montrer le caractere « compliqué » de l'ouvre tourniérienne, nous avons dégagé, a la suite de Deleuze, un certain nombre de dispositifs ou de plis dont les dépliages promettent une prolongation des interrogations en apparence achevées et susceptibles de modifier les labels historiques, esthétiques, psychanalytiques ou philosophiques relatifs a l'art de Tournier - labels qui ont sensiblement contribué a fixer l'ouvre dans un « nouveau classicisme » ou dans une « postmodernité » symptomatique^
' Deleuze, 2003, 320 ^ Ibid.
^ Cf. KibÉDI Varga, 1989 ; rosello, 1990 : worton, 1986 ; Davis, 1991 ; Fergusson, 1991, etc.
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