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CHAPITRE PREMIERAprés la nationalisation des noix de coco, la liqui-dation économique de la communauté indhoue était la seconde mamelle de la future prospérité tanzanienne.L'Indhou décharné aux cheveux huileux et aux yeux fuyants qui venait de rejoindre Malko sur la banquette de bois, paraissait s'excuser de respirer. Ils étaient les seuls de toute la salle á ne pas étre Africains. Une trentaine de Tanzaniens sirotaient avec gourmandise une infecte biére de banane en discutant bruyamment, sóit au bar, sóit dans des boxes de bois inconfortables et luisants de crasse.Quatre ventilateurs brassaient paresseusement l'air tiéde du petit pub sans parvenir á rafraíchir l'atmosphére. A cause des vitres teintées, on aurait pu se erőire en pleine nuit, alors qu'un soleil á fairé fondre Lucifer écrasait Dar-Es-Salam.Malko ouvrit la bouche pour poser une question, mais l'Indhou se pencha brusquement á travers la table, implo-rant le silence du regard. Attention, dit-il presque sans bouger les lévres, les deux derriére moi.Malko jeta un coup d'oeil aux deux Noirs en chemi-sette, face á face, silencieux devant des biéres vides. Comme si son regard les génait, ils se levérent et se frayérent un chemin vers la sortie. D'autres entrérent. Le pub au coin de Pamba Street et d'Independance avenue en plein cocur