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Avant-propos
Il fut un temps, pas tellement lointain, ou tout un pan de l'art de la seconde moitié du XIX= siecle ne rencontrait qu'indifférence et mépris. Certes on ne pouvait pas ne pas admirer le métier voire la virtuosité de certains peintres académiques, mais leurs sujets, leur facture, leur emphase ne correspondaient plus a l'air du temps. C'est, entre autres, le «révisionnisme» du Musée d'Orsay qui a eu pour effet une approche plus nuancée, une vision plus juste de peintres comme Mihály Munkácsy.
Sans etre la grande rétrospective que mérite notre artiste, «Munkácsy et le Grand-Duché de Luxembourg» donne un excellent aperçu de l'ouvre du peintre. Munkácsy n'hésitait pas a se mesurer aux plus grands, tant par le choix des sujets, littéraires, historiques ou religieux, que par ses formats, tout comme les autres «Malerfiirsten» de son époque dont il partageait le gout pour la grandiloquence, la sentimentalité et l'emphase. Munkácsy n'a pas le chic tiépolesque de Makart ou le glamour hollywoodien de Lord Leighton. Il est plus terrien, plus tourmenté, plus ténébreux que ses collegues. A ses grandes machines parfois un peu poussives il est permis de préférer ses beaux paysages qui évoquent Courbet, ses admirables portraits et ses tableaux de fleurs, mais il ne fait pas de doute que nous sommes en présence d'un peintre considérable qui mérite d'etre redécouvert.
Il me tient a cour de remercier vivement d'abord Leurs Altesses Royales le Grand-Duc et la Grande-Duchesse, ensuite les directeurs et conservateurs des musées de Hongrie et d'Autriche, qui ont répondu avec beaucoup de gentillesse et de générosité a nos demandes de pret. Que Monsieur Lóránd Bereczky, directeur général de la Galerie nationale hongroise a Budapest, Madame Zsuzsanna Bakó, conservateur a la Galerie nationale hongroise a Budapest, Monsieur Igor Grin, directeur du Musée Mihály-Munkácsy a Békéscsaba, Monsieur László Selmeczi,