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La vie par Jean Lucas-Dubreton Une bátisse massive, sévére ; rez-de-chaussée tassé sous trois étages ; devant, un square avec un palmier, des arbres..., telle se présente á Ajaccio la maison oú naquit le 15 aoűt 1769, Napoléon, second fils du greffier Charles Bonaparte et de Laetitia Ramolino, ménagére économe qui avait la main leste. A neuf ans et demi, Napoléon quitte sans joie sa Corse bien-aimée pour le collége d'Autun, puis l'école militaire de Brienne ; c'est un élévé assez difíicile, taciturne et fougueux, qui étonne ses maitres par sa maturité d'esprit : Corse de nature et de caractére, prédit Pun d'eux, il ira loin si les circonstances le favorisent. A quinze ans, jugé digne d'entrer á l'Ecole Militaire de Paris, Napoléon choisit comme arme l'artillerie et, une année plus tard, est nőmmé lieutenant á Valence. Aprés un séjour á Auxonne, oü il se perfectionne dans son métier d'artilleur et aussi dans le jargon des temps nouveaux qui annoncent la Révolution, il est renvoyé á Valence oü il méne une vie d'autant plus chétive qu'il dóit élever son frére cadet Louis sur sa solde ; le monde, le café, pas question ! Telles ont été, dira-t-il, les joies et les débauches de ma jeunesse. Le 20 juin 1792, lors d'une fugue á Paris, il assiste á l'invasion des Tuileries par la populace et, vovant apparaitre á une fenétre Louis XVI coiffé du bonnet rouge, il s'écrie dans son langage matiné d'italien : Che coglione! Comment a-t-on pu laisser entrer cette canaille ? 11 a beau étre révolutionnaire de sentiment, le désordre, la carence de l'autorité Tindignent et, simultanément, son Darticularisme corse s'attiédit ; lors de l'insurrection de 1 'ile en faveur du patriote Paoli, il se déclare ouvertement pour le parti frangais : mai lui en prend ; il dóit s'enfuir