Bővebb ismertető
INTRODUCTION La philosophie n'est pas la possession d'une sophia (science et sagesse) mais seulement l'amour ou le désir de cette sophia. Elle n'est pas un savoir clos, achevé, transmissible par enseignement mais une recherche. Chaque philosophie s'affirme contre les précédentes et se trouve, á son tour, réfutée par les philosophies suivantes : La métaphysique semble étre plutöt une aréne tout particuliérement destinée á exercer les forces des lutteurs en des combats de parade et oü jamais un champion rí a pu se rendre maitre de la plus petite place et fonder sur sa victoire une possession durablel. Pour l'opinion commune, la vérité dóit se révéler pleinement en une philosophie. Aussi confoit-elle la diversité des systémes philosophiques et leur contradiction comme le signe d'un raté. Or, c'est précisément cette forme paradoxaié du cheminement de la pensée philosophique qui assure l'avénement de la vérité. Le commencement, en philosophie, s'identifie avec le recul critique par rapport á ce qu'on croyait savoir : Ce qui est bien connu en généraly justement parce qríil est bien connuy rí est pas connu. C'est la fagon la plus commune de se fairé illusion et de fairé illusion aux autres que deprésupposer dans la connaissance quelque chose comme étant bien connu, et de le tolérer comme tel2, En effet, la philosophie se distingue de la maniére commune de penser. Seule la mise en question des idées habituellement admises, seule la critique radicale de l'opinion permettent l'ouverture et la délimitation de l'espace á l'intérieur duquel peut étre recherchée la vérité. Mais cette critique n'est pas une fin en soi et ne débouche donc pas sur un scepticisme systématique. Elle s'efFectue en fonction d'un projet. Si Descartes, par exemple, procéde á un doute hyperbolique, c'est pour trouver une idée qui échappe au doute et reconstituer á partir de lá un systéme de pensée cohérent. Le dynamisme propre á la philosophie, c'est la question : Fairé de la philosophie, c'est étre en route. Les questions en philosophie, sont plus essentielles que les réponses, et chaque réponse devient une nouvelle question3. Accepter le questionnement, c'est, en effet, refuser de rester dansFillusionou l'ignorance,c'est rejeter les idées regues et les présupposés trop assurés. Le questionnement est un appel au travail de la pensée.