Bővebb ismertető
Pas besoin d'aller eii Alaska ou en Sibérie pour rencontrer un trappeur. II y en a encore un en France, a une centaine de kilometres de Paris. II a trente-six ans, s'appelle François Larigauderie, et sa carte de visite pourrait porter ces simples mots : L'ENNEMI N" 1 DU RAT MUSQUÉ. J'ai vécu pour vous la passionnante vie du dernier trappeur de France en le suivant dans son domaine : la Loire et les îles situées au milieu du fleuve.
Dans le courant jusqu'aux genoux, nous avançons a pas incertains vers les îles. Mon guide se dirige sans hésitcition dans ce paysage mouvant. Ici se trouve le gué. Attention aux trous d'eau profonds. La, on reprend pied, on enjambe une île peu large et on trouve un autre gué. Nous sommes des éclaireurs qui avançons dans les défenses du fleuve par des passes précises.
— C'est la, dit François en posant sur une bande de sable sec sa pelle, son sac et ses jumelles.
A 3 metres de nous, par-dela un chenal de 40 centitr.etres de profondeur, il n'y a que le haut talus d'une île abrupte et broussailleuse. Au ras de l'eau, un amas informe de roseaux coupés. Pour François-le-trappeur, ces roseaux parlent mieux qu'une pancarte : ici se trouve la porte principale d'une de ces formidables forteresses souterraines que sont les terriers de rats musqués. Car ce que nous allons forcer aujourd'hui tient a la fois du blockauss et du château fort.
LA DANSE DU SCALP
François, sans attendre, a commencé une étrange danse du scalp. Ses pieds sondent le fond de la Loire. On les sent, ces pieds, qui s'enfoncent soudain, repartent, s'enfoncent a nouveau. François a repéré quatre entrées, toutes sous l'eau naturellement. Car, pour pénétrer chez «M. Rat Musqué», il faut etre spéléologue et franchir des siphons qui mettent sa demeure a l'abri des indésirables. Des qu'une entrée est découverte par une baisse des eaux, les occupants la bouchent. Si toutes les entrées sont mises a découvert, le terrier est abandonné.