Bővebb ismertető
NOTICEIl y a de plus grands noms que celui de Boileau dans notre histoire littéraire (il yen a meme et lieureusement plusieurs); il y en a de plus populaires; il y en a surtout de plus aimés; je ne sais s'il y en a de plus répandus,~ ni peut-etre, a certains ég'ai'ds, de plus considérables.! La moitié des vers de l'heureux satirique sont devenus en naissanr maximes ou proverbes, Sont etttrés dans l'usage ou dans le courant de la langue, font encore aujourd'hui partie du vocabulaire familier de la conversation. Trois ou quatre générations d'industrieux versificateurs, et parmi eux quelques poetes, ont salué en lui le législateur du Parnasse français. Ses leçons, passant nos frontieres, sont allées faire école en Angleterre ou en Allemagne^. Il n'y a pas jusqu'a ses ennemis meme dont les attaques passionnées, injurieuses, maladroites surtout, n'aient contribué, autant ou plus que son propre mérite, a graver son nom dans les mémoires. Et, si quelqu'un enfin ^ non seulement pour nous, qui sommes de sa race, mais encore pour les étrangers représente l'esprit français, ou plutőt l'esprit classique, avec presque toutes ses qualités, mais avec les défauts aussi qui en sont le revers ou la rançon, ce n'est pas Moliere, ni La Fontaine, ni Racine, c'est lui, Boileau, c'est l'auteur des Satires et de l'Art poétique.Voila sans doute une fortune singuliere, telle que l'on en a vu rarement d'analogue; telle aussi que de plus beaux vers que ceux de Boileau, s'ils en expliquaient l'origine, seraient insuffisants pour en justifier la durée ; telle enfin que n'en ont pu faire une semblable, en essayant de jouer le meme rőle, ni Pope ou Johnson en Angleterre, ni Gottschedt ou Lessing en Allemagne, ni, depuis Boileau lui-meme, aucun critique en France. Et, en effet, il faut l'avouer1. il est aisé ' dit a ce propos Ma-caulay dans son Essai sur Addison de retrouver dans le Spectateur et dans le Gardien les traces de l'influence a demi salutaire, a demi pernicieuse que l'esprit de Boileau exerça sur l'espi it d'Addison. Serait-il beaucoup plus difficile de la retrouver dans l'ouvre de Pope ou de Sviifl meme? (^uant a l'influence cjue Boileau ejçer-ça sur Gottschedt, on exagérerait a peine si l'on disait que le savant recteur de l'Université de Leipzig, pour l'avoir subie trop docilement, en esi devenu responsable des injustes violences de Lessing contre nos grands écrivains.2. Goiisultez particulierement les Notices Mhliographiques de l'édition de Berriat-Saiiit-Prix. Paris, 1850. Langlois