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DÉCLARATION On nous rapporte que Venfant Mozarti traíné dés six ans á travers V Europe, exhibé comme un chien savant devant les rois, combié d'encens, de cadeaux, de cálineries, posait souvent cette question naive á ceux qui paraissaient s'intéresser á lui: M'aimez-vous? M'aimez-vous bien ? Le premier besoin de son coeur. Non pas d'aimer, il débordait naturellement de tendresse; mais d'étre aimé comme il le mérítait, pour ce don sans prix, angélique, qu'en aucun temps aucun artiste ne requt ni aussi précoce, ni aussi pur. A VAmour mérne tout amour est dü: la plus grandé tristesse du Calvaire, notre plus grave offense envers Celui qui y pátit pour nous, rCest-ce pas notre refus d'aimer? Qu'on me pardonne le rapprochement: sentant frémir en lui comme une parcelle rayonnante de Dieu, Venfant prodige de Salzbourg formuláit á bon droit la mérne exigence. Inconsciemment. Ingénument. LorsquHl prendra, beaucoup plus tard, claire conscience de son mérite ou, plus exactement, de son trésor, il le proclamera de mérne, sans fausse honte, sans orgueil. Ce n'est pas sa faute s'il est doué!... Ce n'est pas sa faute s'il est aimable! M'aimez-vous? m'aimez-vous bien? Non par habitude, nous demande-t-il; non par fantaisie ou caprice; non par snobisme ou ostentation. De coeur. Combién de ses amis ont deviné le sens de cette supplication enfantine ? Comment les hommes auxquels il apportait la joie y ont-ils répondu de son vivant ?