Bővebb ismertető
En ce mois de juin 1840, dans la chaleur d'un été précoce, j'étais assise a mon bureau et je tenais sans le lire le mémoire du plâtrier qui avait reblanchi l'écurie.
Les épais volets de bois poussés, j'avais entrouvert la fenetre pour sentir le parfum entetant du chevrefeuille. Son odeur, le bruissement des guepes m'avaient engourdie. Irrésistiblement me revint en mémoire cet autre jour d'été ou, quinze ans plus tôt, j'avais frappé a la porte de cette piece, a la fois bibliotheque et sanctuaire de travail du général Fabre, ou l'on ne pénétrait pas sans avoir été convoqué.
On était en pleine cueillette des prunes et, ne trouvant pas la clef du fruitier ou on devait les étaler sur des claies, la pensée m'était venue que j'avais pu l'oublier sur le bureau du général, quand j'étais venue le matin lui remettre mes comptes de la semaine.
En frappant, je m'étais annoncée, non en bonne épouse qui, par étourderie, se voit obligée de déranger un instant son mari, mais comme un étranger suspect qui demanderait a etre introduit dans la chambre forte de la Banque de France.
« Entrez », me répondit-on posément.
J'avais obéi et expliqué le motif de ma visite.