Bővebb ismertető
PRÉFACE
« Il faut longtemps pour devenir jeune. » Nul n'illustre ce mot mieux que Hugo. Quatrevingt-treize est l'ouvre non seulement d'une verte vieillesse, mais plus encore d'une supreme jeunesse. Lorsque Hugo l'écrit, les événements qu'il rapporte ont quatre-vingts ans, lui-meme en a soixante-dix. C'est a eux qu'il demande des leçons de jeunesse, en eux qu'il voit la clé de l'avenir. Sa propre jeunesse, il l'a vécue comme si ces événements ne l'avaient pas précédé sur la terre : dans le culte du trône et de l'autel. La préface des Odes conspuait 1793, Saturnales de V athéisme et de V anarchie et l'un de ses premiers poemes chantait la^ Vendée comme la Sour des Thermopyles. Dans son Étude sur Mirabeau (1834), il acceptait les principes de 1789, il refusait toujours ceux de 1793, point noir dans le ciel bleu de 1789. Dans les Miseres (1845), il décrivait 93 comme Véruption colossale de toutes les haines. En 1850 encore, il refusait de confondre la liberté avec la terreur et n'admettait pas qu'on objectât 93 aux hommes de 1850. J'avais dans V esprit, note-t-il vers 1851, cette sorte d'ejfroi permanent de 93 que les écrivains monarchiques ont réussi a créer.
1818 : royaliste. 1824 : royaliste libéral. 1827 : libéral. 1828 : libéral socialiste. 1830 : libéral socialiste démocrate. 1849 : libéral socialiste démocrate républicain : c'est ainsi que Victor Hugo, avec des dates et un vocabulaire également discutables, décrit la courbe de son indiscutable évolution. On pourrait mieux encore décrire cette courbe en prenant 1793 pour chiffre de référence. Dans son Discours de réception a V Académie française, Hugo commence de chanter la grandeur de la Convention, sujet de contemplation sonore, lugubre.