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ZERO
Il lui avait semblé percevoir un mouvement confus. Une sorte de froissement, de la neige éparpillée. La-bas, sous les roues d'un camion peut-etre, a l'embranchement des routes, vers les casernes. Une gerbe de neige étincelant au soleil, parmi les arbres, sous les roues peut-etre de quelque véhicule militaire. Des roues qui auraient dérapé dans la neige fraîche, molle sous les roues.
Un froissement bref, c'était fini. Le paysage retrouvait l'éclat feutré de l'immobilité.
Il faisait quelques pas encore, dans l'inertie d'une démarche poursuivie. Quelques pas, des enjambées, un mouvement involontaire, en tout cas irréfléchi. Il s'arretait ensuite au milieu de l'avenue. Sans raison, semblait-il. Réveillé de la routine reveuse de cette marche.
Le silence pouvait s'éterniser, ce n'était pas impensable.
Le paysage demeurerait disponible, abandonné apres ce dernier bruit de vie humaine, d'activité confuse, il y avait un instant.
Il voyait la buée qui se formait devant sa bouche. Il bougeait les orteils, engourdis dans le cuir reche des bottes. Il enfonçait ses poings fermés dans les poches de son caban de drap bleu.
Il se pouvait que rien n'arrivât, ni personne. L'avenue ne conduirait nulle part. L'hiver déploierait sa solitude glaciale et limpide. Plus tard, dans un avenir incertain mais prévisible, la neige commencerait a fondre. Des ruisseaux, de l'eau vive partout dans la foret. Le bois travaillerait, la terre aussi, les seves, les germes. Un jour, ce serait vert. Viride meme,
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