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PRÉFACELa critique contemporaine se montre dans Vensemble assez peu favorable a la maxime. Non qu'elle adopte le point de vue de Voltaire, aux yeux de qui la réflexion breve n'est au plus que l'ornement d'un plus long discours. Elle ne dénie pas toute vertu a une littérature du discontinu, bien au contraire : elle accorde a l'aphorisme et au fragment ce qu'elle retire a la maxime, l'authenticité d'un dire originel. La maxime se plie trop bien aux élégances de l'écriture classique pour n'etre pas, perle de culture, le produit rare mais factice d'une société, d'un temps, d'un mode d'expression révolus.Dans ce discrédit de la maxime, sans doute faut-il voir une réaction, a bien des égards justifiée, contre l'autorité qui lui fut longtemps reconnue. Peut-etre y a-t-il aussi le refus d'admettre qu'une forme qui donne tant a la pointe et au trait d'esprit ait jamais été autre chose qu'un divertissement de mondains en mal d'ennui. En fait, c'est la que commence la légende. Les Maximes publiées a la fin de 1664 ne sont pas nées d'un jeu de salon, comme le croyaient Victor Cousin et, naguere encore, Émile Magne. Meme si elles sont liées au cercle de la marquise de Sablé, elles sont d'abord ouvre individuelle, travail personnel et sans cesse repris dont on se communique les résultats par