Bővebb ismertető
DUCIS,
Shakespeare et les Comédiens français
II
Du Roi Léar (1783) a Othello (1792)
LE ROI LÉAR
Le 23 octobre 1780, Ducis avait pris rang a la Comédie-Française pour la lecture de deux tragédies, le Roi Léar et Macbeth (91). Le Roi Léar, « tragédie imitée de l'Anglais », fut soumis au Comité de lecture le vendredi 17 novembre 1780 et reçu unanimement par 15 voix a 0 (92). Les titres et qualités de l'auteur, mentionnés au registre, de « secrétaire de Monsieur et l'un des quarante de l'Académie Française » ne pouvaient manquer de peser en sa faveur s'il en avait été besoin. Des corrections furent sans doute amicalement demandées a l'auteur, car, le 25 avril 1781, Ducis est a Auteuil, en plein travail de revision : « J'ai déja fait quelques corrections a l'ordonnance des masses, au mouvement des scenes ». Quant au style, « qui n'est pas mon côté brillant », écrit-il avec sa bonhomie habituelle, « je remets ce travail a un autre temps, car je sens que je suis las de ce sujet » (93). Sujet audacieux, et Ducis avouera plus tard qu'il a tremblé plus d'une fois « a l'idée de faire paraître sur la scene française un Roi dont la raison est aliénée » (94).
Tout était certainement terminé en septembre, car une représentation semble avoir été envisagée a Brunoy a l'automne 1781 (95). Elle n'eut pas lieu et ce n'est qu'a la fin de janvier 1782 que le Roi Léar est mis a l'étude, sur l'ordre de Monsieur. « Il faut que je veille sur Brizard, de qui dépend tout le succes de l'ouvrage », écrit Ducis a Lemierre (96). Un mois plus tard, Ducis était dans l'affliction. Brizard, déja âgé, en état de santé précaire, ne se
(91) Registre 390.
(92) Registre 388.
(93) Albert, op. cit., p. 47. A Vallier.
(94) Avertissement a l'édition
(95) Uossler Ducis. L.A. du secrétaire de la Comédie a Ducis, 24 septembre 17S1 : « La Comédie, instruite par M. Brizard, que votre tragédie du Roi Lear, dont il a déja le rôle, doit etre jouée cet automne a Brunoy, vous prie en conséquence, si cette représentation doit avoir lieu, de distribuer inoessamment vos rôles a ceux a qui vous les avez destinés, aifin qu'ils puissent s'y tenir prets. »
(96) Albert, op. cit., p. 49, 29 janvier 1782.