Bővebb ismertető
3ó2sef Rippl-Rónai est le peintre dont l'oeuvre est l'un des plus vastes de toute la peinture hongroise; c'est aussi de tous les peintres de la Hongrie celui dont les attaches avec la France ont toujours été les plus vivaces et les plus intimes.
Au commencement du XIX" siecle, au moment ou elle prit son essor, la peinture hongroise se proposait Vienne pour modele. Vienne était une métropole riche, toute entiere Hvrée a la joie de vivre, et fort différente, sous ce rapport, de la capitale hongroise, formée, a l'époque, des deux petites villes réum'es de Buda et de Pest. Ses excellents professeurs faisaient, a l'académie de Vienne, une bien bonne réputation; quant a vendre des tableaux, c'était bien plus facile parmi les riches bourgeois de Vienne qu'en Hongrie. En outre, la distance n'étant pas excessive, les jeunes artistes hongrois faisaient tout naturellement le pelerinage de Vienne, pour y étudier et, par la suite, pour s'y faire une carriere.
Pendant un demi-siecle — de 1800 a 1850 — Vienne fut la Mecque des beaux-arts hongrois. Ensuite, vint la vogue de Munich, avec sa vie active et sa prestigieuse académie de peinture. Les Hongrois y affluaient alors. Personne ne se doutait encore que, depuis la naissance de l'école romantique, l'hégémonie appartenait déja — et pour bien longtemps — a Paris. Aux prises avec d'immenses compositions académiques, les Munichois furent dépassés par le progres, sans qu'ils s'en aperçussent. Depuis l'apparition de Delacroix, un vent nouveau soufflait sur Paris. Il fit justice a tout jamais des tableaux préparés avec pédanterie et mesurés au millimetre qui avaient été l'orgueil des ateliers de Munich. Cela n'a rien d'étoimant, si l'on considere que le romantisme était issu de l'esprit français et que l'on chercherait en vain sur les toiles des maîtres allemands le feu des passions, l'exaltation et l'éblouissement des couleurs qui font les oeuvres fortes.
Le premier peintre hongrois a comprendre que le centre de l'art s'était déplacé, fut Viktor Madarász (1830—1917). Lui aussi avait commencé ses études a Vienne. Mais, des 1856, il alla s'installer a Paris. Il était surtout attiré par les toiles historiques en effet tres prisées de Paul de la Roche, dont l'art prudent, savamment éqviilibré entre le classicisme et le romantisme et les compositions dramatiques calculées a tete reposée, exercerent sur lui une influence bien plus grande que l'art de Delacroix, alors a son apogée. S'il n'a pas su déceler l'artiste digne d'etre écouté. Madarász a cependant découvert le berceau de l'art nou-