Bővebb ismertető
NOTICE
sur la vie et les ouvrages
DE DANIEL FOE.
Jean Jacques a dit : « Puisqu'il nous faul absolument des livres,U eu existe un qui fournit, a mon gré, le plus iieureux trailé d'éducation naturelle. Ce livre sera le premier que lira mon Émile; seul il composera longtemps toute sa bibliotheque, et il y tiendra toujours une place distinguée. 11 sera le texte auquel tous nos entretiens sur les sciences naturelles ne serviront que de commentaires. 11 servira d'épreuve, durant nos progres, al'état de notrejugement; et tant que notre gout nesera pas gâté, sa leclure nous plaira toujours. Quel est donc ce merveilleux livreEst-ce Aristote? Est ce Platon? Non, c'est Robinson Crusoé. »
Et en effet il n'existe peut-etre dans aucune langue un livre plus original dans son ensemble, plus varié dans ses détails, mieux inventé dans ses incidents, et plus naturel dans son style. Il amuse les enfants, instruit l'adolescence et charme la vieillesse ; c'est le livre de tous les âges, de tous les sexes, de tous les pays. Vainement, pour ravir a son auteur le mérite de l'invention, a-t-on exhumé le journal d'un matelot écossais nommé Selkirk, qui aurait été ramené, par le capitaine Woodes Rogers, de l'île de Juan Fernandez, ou il aurait vécu seul quatre ans et quatre mois. On parviendra difficilement a nous persuader qu'un livre aussi remarquable que Robinson soit l'ouvre d'un grossier marin, et que l'écrivain célebre a qui on l'attribue n'ait fait que rédiger des mémoires manuscrits.
Daniel Foé, que l'univers reconnaît pour l'auteur de ce l oman si plein de hardiesse et d'originalité, naquit a Londres, en 1663, d'un simple boucher, qui le fit élever aVec soin dans une école de dissenters, et le mit ensuite en apprentissage chez un bonnetier. La fortune de son pere sem-Jlait le destiner a n'etre toute sa vie qu'un artisan ; mais les détails d'une irofession mécanique convenaient peu a cet esprit aclif, que ses pre-'nieres études avaient développé. Le gouvernement impopulaire de Jacques II commençait a enflammer les tetes. Le jeune Foé lisait assidument les journaux. 11 éprouva aussi'le besoin de faire connaître son opinion sur les affaires du temps; et il n'avait pas vingt et un ans, qu'il publia un T. i