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LA PRINCESSE DE CLEVES
Sous le délicat portrait en taille-douce que fit de Madame de LA FA Y ETTE le graveur français DESROCHERS, on pouvait lire le quatrain suivant :
Des outrages du temps plus d'un écrit vainqueur
Feront vivre son nom au Temple de Mémoire ;
De son heureux génie ils assurent la gloire.
Lisez chez SE VIGNE VEloge de son cour.
Certes Madame de SE VIGNE a maintes fois parlé des qvMités de cour de son amie, la défendant lorsqu'on s'obstinait a voir en elle une femme froide, ou au moins indifférente. Mais ce qu'elle a surtout admiré en M'^^ de LA FAYETTE, c'est son esprit: «Jamais elle n'a été sans cette divine raison qui était sa qualité principale.» dit-elle.
En fait, la personnalité de M^^ de LA FAYETTE-la femme et l'écrivain — est assez malaisée a définir. Son activité semble en contradiction avec son tempérament avide du calme de l'esprit et du cour, avec cette santé languissante dont elle se plaignit toujours. Sa vie mondaine fut une réussite ; mais qu'y avait-il derriere cette figure mélancolique et meme triste ? Et est-il suffisant de dire qu'elle est celle d'une femme qui souffrit et se consola par le culte littéraire de l'honneur et de la vertu ?
Marie-Madeleine PIOCHE DE LA VERGNE naquit a PARIS et fut baptisée en l'Eglise SAINT SÜLPICE, le 18 Mars 1634. Son parrain fut le maréchal de BREZE et sa marraine la future Duchesse d'AIGUILLON, niece deRICHELÎEU. Les parents étaient pourtant de petite noblesse. Marc PIOCHE, sieur de