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CHAPITRE PREMIERFifí Amer frappa violemment le sol du pied, ce qui fít cliqueter les bracelets de bimbeloterie verte de ses chevilles. Ses yeux, outrageusement maquillés, ombragés de faux cils d'un kilometre de long, jetaient des éclairs. Sa splendide poitrine a peine voilée par le corselet en strass de son costume de scene se soulevait, comme pour se jeter a la figure de son interlocuteur. Ses levres épaisses relevées dans un rictus découvraient des dents éblouissantes de blancheur, a la façon d'un chien qui va mordre. Les deux poings sur ses hanches enrobées d'une saine couche de graisse, elle cracha a pleins poumons.- Fous le camp, chien!Abu Sayed avala l'injure sans sourciller. Quand il le fallait, il savait etre patient. Avec son costume tres pres du corps et sa chemise sans cravate, ses chaussures pointues et son allure de séducteur, il ressemblait a un de ces chanteurs d'orchestre qui font se pâmer les Egyptiennes. Ses traits réguliers^ encadrés par des cheveux tres longs étaient a peine crispés. Seules ses prunelles encore plus noires que d'habitude, disaient son exaspération. Il se retourna machinalement pour vérifier que la porte de la minuscule loge ou se changeaient les danseuses