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PREFACE
Si la moitié des musiciens d'un orchestre étaient absents au commencement d'un concert et que les autres s'obstinent a jouer seuls, le résultat serait tres étrange. Il serait difficile de comprendre les intentions du compositeur, car on ne peut omettre quelques-unes des parties sans dénaturer l'ouvre entiere. De meme, on pourrait dire qu'il est impossible de raconter l'histoire de la science américaine.
Si l'on expose en meme temps le développement de la science européenne, la longueur de l'ouvrage deviendra considérable; si l'on parle seulement des succes remportés par les Américains, on exécute une symphonie en oubliant les bois et les cuivres.
La science est, de nature, internationale ou meme au-dessus des nations. Aucun probleme scientifique n'est exclusivement américain. Il n'y a pas de science américaine: il y a des savants américains, en grand nombre, et quelques-uns parmi les plus grands qu'on puisse rencontrer dans le monde. La meilleure maniere de montrer les travaux de l'Amérique est de concentrer l'attention du lecteur sur un petit nombre de savants de premier ordre. C'est ce qu'a fait—remarquablement bien—Bernard Jaffe. Il n'a choisi qu'une vingtaine de savants, mais en prenant soin d'introduire dans son récit une foule d'autres hommes dont quelques-uns sont aussi distingués que leurs chefs de groupe. Mais en meme temps, malgré l'art avec lequel l'auteur a su choisir les chapitres les plus riches en exploits américains, il a du fréquemment parler des savants européens, autrement son récit aurait été inintelligible. Ce qui nous ramene a ce que nous avons dit.au début: les chapitres les plus américains de l'histoire de la science sont, jusqu'a un certain point, internationaux.
Le premier chapitre, corfSacré a Thomas Harriot, qui publia
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