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21 HEURES 50 (GMT) 1 DANS L'OCÉAN ARCTIQUE, QUELQUE PART A L'EST DE L'ILE JAN MAYEN. Un chalutier suédois, le Maria Sorensen, avance lentement sur la mer plate. Une pluie fine, insistante, enveloppe le pont d'une brume humide. Le bateau semble mort. La porté du poste de commandement s'ouvre et la silhouette trapue de Larsen se dessine dans le carré lumineux de la cabine. Le capitaine est un homme d'áge műr, robuste et trapu, le visage tanné par le soleil et par le vent, les traits durs 2. II descend l'escalier, traverse le pont, allume sa pipe sous le vent et pénétre dans le dortoir des hommes. II y a lá douze lits, en quatre rangées de couchettes superposées 3. La plupart des péeheurs sont couchés. Quelques-uns dorment, un vieux émet á intervalles réguliers un long ronflement sonore. D'autres fument, jouent aux cartes. De temps en temps, ils parlent á voix basse. Le capitaine se dirige vers le fond de la cabine. Sur une couchette du bas, un homme se tord de douleur ; pále, il a le visage décomposé par la souffrance. De temps en temps, un gémissement rauque s'échappe de ses lévres. Assis sur leurs lits, ses voisins, qu'il empéche de dormir, le considérent avec inquiétude. Larsen lui pose la main sur l'épaule : -La ne va pas mieux, Erik ? -ía va plus mai, répond le maiadé.