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SOEUR ANNE
CHAPITRE PREMIER
PROMENADE NOCTURNE — LES CINQ CENTS FRANCS DM MA TANTE
Depuis longtemps les spectacles avaient fini, les cafés se fermaient, les boutiques l'étaient déja. Les passants devenaient plus rares, les fiacres allaient plus vite, les réverberes brulaient, et le gaz s'éteignait; les rues de Paris allaient jouir, comme les habitants de cette capitale, de l'heure du repos.
Mais le repos, ainsi que le beau temps, n'est jamais général : quand on le goute a Paris, souvent l'on se bat sur un autre point du globe; et lorsque nous jouissons d'une température douce et agréable, a quelque cent lieues de nous, un orage détruit les moissons, ou une tempete submerge des vaisseaux. Puisque la paix et le beau temps ne peuvent etre universels, sachons en jouir quand nous les possédons, et ne nous occupons pas alors du temps qu'il fait chez nos voisins.
Un monsieur, qui probablement n'avait pas envie de dor-Sair, ?e promenait dans les rues de Paris, devenues presque teiaquilles. Depuis plus d'une heure, il marchait sur les boulevards de la rue du Temple a la rue Poissonniere; et comme il n'avait pu mettre tout ce temps a faire ce trajet, il montait quelquefois les faubourgs, sans trop savoir que) chemin il prenait ; mais bientôt il s'arretait, regardait au-
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