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.u début du XVIl': siecle, les régions Nord des Pays-Bas connaissent une évolution rare et enviable. Les sept provinces de la Hollande actuelle se liberent par leurs propres moyens de l'oppression étrangere. Désormais, la bourgeoisie néerlandaise se sent plus a l'aise dans k région qu'elle appelle son pays. Le Hollandais aime le calme et s'attache a tout ce qui constitue le cadre de sa vie quotidienne. Les peintres découvrent la beauté des paysages de leur patrie. Certes, ceux-ci ne se comparent pas, pour le pittoresque, a d'autres régions célebres de l'Europe, pourtant les Hollandais les fixent avec une perfection sans pareille. Le meme souci conduit les portraitistes a saisir les traits de leurs compatriotes qui, dans la réalité, devaient etre assez rarement d'une beauté particuliere. Un nouveau genre naît avec la nature morte dont le vrai foyer bourgeois sera également la Hollande. C'est dans ce pays que nous trouvons les plus somptueuses natures mortes avec leurs fruits éclatants, bien que l'Espagne et l'Italie aient été de beaucoup plus riches en produits de cette sorte. Enfin, c'est la Hollande qui nous a donné le plus grand nombre de tableaux de genre et de mours ; pourtant, a l'époque baroque, ni les formes de la vie mondaine, ni les modes n'y ont une importance particuliere, et elles ne font pas la loi. Les artistes semblent etre attachés a leur milieu familier d'une façon objective, presque matérielle, pour en faire l'objet presque exclusif de leur art. C'est probablement ce pays qui, pour la premiere fois dans le monde, voit apparaître ce type d'artiste qui aborde sans idéal et sans norme extérieure ce qu'il représente, attiré non pas par l'essence spirituelle de l'objet ou par l'enseignement qu'il pourrait en tirer, mais simplement parce qu'il est a lui. Avec les tableaux de genre, nous abordons le monde des jouissances élémentaires — bonne chere, distractions en commun — et a cette époque, c'est d'une façon analogue qu'on jouit de l'art, l'admiration valant pour elle-meme sans qu'y soient melées des considérations d'ordre intellectuel.
Toute la peinture hollandaise a un caractere d'intimité, et cela dans le sens le plus quotidien. L'air des fetes y manque, les occasions exceptionnelles y sont inconnues, meme l'événement est absent. Car c'est l'habituel qui importe aux peintres de genre. Le terme allemand « Sittenbild » recouvre fort bien cette vérité. Notre maniere de penser, historique et sociologique, s'attendrait, dans le cas