Bővebb ismertető
FÉNELON
(François de Salignac de la Mothe)
Lettre a l'Académie (1714)
[(extrait) De la comédie de Moliere]
Il faut avouer que Moliere est un grand poete comique. Je ne crains pas de dire qu'il a enfoncé plus avant que Té-rence dans certains caracteres; il a embrassé une plus grande variété de sujets, il a peint par des traits forts persque tout ce que nous voyons de déréglé et de ridicule. Moliere a ouvert un chemin tout nouveau, encore une fois, je le trouve grand: mais ne puis-je parler en toute liberté sur ses défauts? Il a outré souvent les caracteres; il a voulu, par cette liberté, plaire au parterre, frapper les.spectateurs moins délicats et rendre le ridicule plus sensible. Un autre défaut de Moliere que beaucoup de gens d'esprit lui pardonnent, et que je n'ai garde de lui pardonner, est qu'il a donné un tour gracieux au vice, avec une austérité ridicule et odieuse a la vertu. Je comprends que ses défenseurs ne manqueront pas de dire qu'il a traité avec honneur la vrai probité, qu'il n'a attaqué qu'une vertu chagrine et qu'une hypocrisie détestable; mais, sans entrer dans cette longue discussion, je soutiens que Platon et les autres législateurs de l'antiquité paienne n'auraient jamais admis dans leur république un tel jeu sur les moeurs.