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Algérois
par Louis Gardel
N'é a Alger ou j'ai vécu jusqu'a dix-sept ans, dont ^ j'ai été exilé, mais ou, depuis l'indépendance de mon pays natal et le départ des Européens, je ne perds pas une occasion de retourner, j'ai été, je suis, je resterai jusqu'a la fin de mes jours, un fils de cette ville. Je ne cherche pas dans l'Alger d'aujourd'hui celui de ma jeunesse. Le bonheur que j'y ai connu, ce bonheur plein et immédiat d'enfant et d'adolescent longtemps aveugle aux privileges dont il jouissait, n'existe plus que dans ma mémoire. Il serait vain d'essayer de le retrouver. Je vais a Alger sans amertume et j'évite, autant que je le peux, la nostalgie.
La ville, en gros, en tout cas le centre-ville ou j'habitais, est restée la meme. Mais tout a changé.Je m'y repere les yeux fermés. Mais c'est un autre monde : impression étrange d'etre, en meme temps, chez moi et invité de passage.