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Ce dernier soir, le croissant rose de la lune posé sur une branche de l'arbre comme un oiseau magique. Nous le regardions par la porte laissée ouverte malgré la fraîcheur. Assise devant la table ou fumaient nos bols, Mille attendait.
Je ne me laissais plus avoir par les images. Ce n'était pas ce bout de lune sur l'arbre noir, Milie fleur jaune courbée, les ombres des enfants accroupis pres des chats au fond de la cuisine qui m'épingleraient au décor. Depuis le matin, Milie connaissait ma décision.
— Mais tu reviendras souvent Anna ? tu reviendras ?
En ces dernieres heures, la nature se surpassait. Milie prévoyait pour le lendemain des prodiges au lever du soleil. J'en verrais d'autres lorsque j'arriverais au pont Saint-Michel. La Seine prendrait ce ton rose, addition du gris de ses eaux et des rayons éclatés ; je la regarderais avec tendresse.
Milie n'avait rien dit. Personne ne me questionna, ne parla de mon départ. Véra voulut fermer la porte.
— Non, la nuit est trop belle, protesta Milie.
— Tu verras la lune a travers la vitre, maman!
— Bon, fermez, dit Milie résignée.
Rien d'inhabituel et ce fut bien ainsi. Fanch ne vint