Bővebb ismertető
UNE ANNÉE
DANS LE SAHEL
I
MUSTAPHA D'ALGER
Mustapha d'Alger, 27 octobre 1852
J'ai quitté la France il y a deux jours, comme je te l'écrivais de Marseille en fermant ma lettre par un adieu, et déja je t'écris d'Afrique. J'arrive aujourd'hui 27 octobre, amené par un grand vent du nord-ouest, le seul, je crois, qu'Ulysse n'eut pas enfermé dans ses outres, le meme auquel Énée sacrifia une brebis blanche, celui qu'on appelait Zéphire, joli nom pour un tres vilain vent. On l'appelle aujourd'hui mistral; il en est ainsi, hélas! de tous les souvenirs laissés dans ces parages héroiques par les odyssées grecques et latines. Les choses restent, mais la mythologie des voyages a disparu. La géographie politique a fait trois îles espagnoles des trois corps du monstrueux Géryon. La vitesse a supprimé jusqu'aux aventures ; tout est plus simple, phis direct, pas du tont fabuleux et beaucoup moins