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Vélasquez part, comme l'a dit Ortega y Gasset, d'une nouvelle idée de la peinture. La conception qu'il se fait de son art s'insere dans ce mouvement d'émancipation qui, en plein xvii® siecle, allait poser l'un des principes essentiels de l'art moderne, a savoir appréhender le monde extérieur tel qu'il est en lui-meme, d'une maniere toute expérimentale. En effet les peintres s'étaient jusqu'alors appuyés sur la réalité pour l'embellir ou l'idéaliser ; et ce que nous appelons le classicisme reposait sur la conviction que les choses de la nature ne sont que les apparences imparfaites d'une idée. Se rapprocher d'une perfection idéale devenait donc la plus haute ambition de l'artiste. Fideles a ces principes, l'humanisme et l'art de la Renaissance n'avaient pas suivi d'autre voie.
Avec Vélasquez, cette esthétique est battue en breche. Vélasquez ne connaît, en tant que peintre, que le monde visuel, l'univers des choses existantes. Il n'a que faire des essences imaginées; pour lui, seul importe le monde qu'il perçoit et dont il sera, par son art, a la fois le témoin et le sauveur. C'est pourquoi il peint impassiblement ce qui se présente a son regard :