Bővebb ismertető
Préfaces
C'est a la campagne, un jour d'été, que Claude Schkolnyk a rencontré Noël Tinayre. Ce vieux monsieur, sculpteur de talent, était le fils de Marcelle Tinayre, romanciere féministe et reconnue de la Belle Epoque, elle-meme belle-fille d'une certaine Victoire, institutrice, communarde, positiviste, publiciste, qui avait notamment collaboré avec Louise Michel pour son roman, La Misere. Elle avait d'ailleurs les homieurs du Maîtron qui lui consacre une notice incertaine (T. 9, p. 215), en l'appelant de son premier prénom, Marguerite, et sans mentionner la date de son déces. Noël s'était institué gardien d'une mémoire familiale dont il percevait a bon droit l'intéret historique. Il avait des souvenirs épars, puisés dans une tradition orale vivace et surtout, une imposante correspondance - des centaines de lettres - qu'il communiqua a sa jeune voisine, historienne attentive aux héros obscurs dont elle savait le prix. L'auteur, fille de résistants de la MOI, leur avait consacré un beau livre. Ainsi naquit l'idée de faire une recherche - pourquoi pas une these ? - sur cette Victoire-Marguerite - ou Marguerite-Victoire - qui semblait au cour d'une toile aux multiples ramifications, d'une saga pleine des tumultes du siecle, ou le politique et l'intime se melent inextricablement.
Claude Schkolnyk s'attela a la tâche, plongea, émerveillée, dans la correspondance, fouilla les archives de toute nature, sillonna la France et l'Europe, d'issoire ou Victoire était née en 1831, a Amsterdam ou l'Institut International détient tant de trésors, a Kosice et a Budapest, villes d'exil de la communarde qu'avait été Victoire. Soucieuse de traces, Claude l'était aussi des lieux et des paysages. Elle mit ses pas dans ceux de son héroine pour la comprendre de l'intérieur. Intense, sensible, passionnée, sa quete fut fructueuse.