Bővebb ismertető
Uun des chaimes du Kiliman-oiaro esl de souvent apparaître comme une montagne qui ne lerail pas partie de la terre, comme un autre univers qui "otteralt loin, loin au-dessus des chaudes savanes qui l'entourent, sa base gigantesque invisible, cachée par les brumes ténues de la saison seche.
1. Afrique centrale
J'avais déja presque trente-quatre ans, et derriere moi une existence assez mouvementée dans laquelle boxe de combat et alpinisme parfois solitaire avaient mis autant de piment que les épisodes, d'abord légaux ensuite clandestins de la guerre 40-45, lorsque le métier assez romantique que je pratiquais a ce moment, de géologue de terrain en Afrique centrale, me donna l'occasion de connaître a la fois im coup de foudre professionnel et ce chemin de Damas géologique qui allaient me transformer en volcanologue : une éruption latérale du grand volcan-bouclier Nyamlagira, dans la région du Kivu. C'était le mars 1948.
J'ignorais tout des volcans a part ce que m'en avaient appris les bouquins, c'est-a-dire tres tres peu de choses. Les cinq mois durant lesquels l'éruption se poursuivit furent mon école primaire en la matiere. J'y découvris que ces éruptions a caractere eifusif, oit parfois les laves ruissellent comme de l'eau, sont — quoi qu'en disent les manuels — accompagnées de déflagrations qui, potir n'avoir pas la violence formidable caractérisant les éruptions explosives, n'en sont pas moins a redouter pour celui qui cherche a fourrer le nez dans ces gueules déchaînées. Fourrer le nez, en l'occurrence, n'est pas qu'ime figure de style : l'ignorant que j'étais, dépourvu d'instruments mais non de curiosité, s'efforçait de voir mais aussi de sentir, espérant par l'odorat, ce sens d'ime acuité étonnante, déceler la présence du dioxyde de soufire, de l'acide chlo-rhydrique ou encore de ce sulfure d'hydrogene dont le parfum d'ouf pourri ne trompe pas. Malgré cette activité davantage apparentée a celle du chien chercheur qu'a celle du chercheur scientifique, je faillis bientôt terminer la, au pied sud du Nyamlagira, une carriere géologique qui s'annonçait plutôt intéressante. Descendu a la cueillette de cristaux de soufre dans un de ces trous ou crateres secondaires qui béent dans les champs de lave en cours de formation, je fus dans l'instant assommé par le gaz qui en remplissait le fond. N'eut été la réaction prompte et vigoureuse de deux compagnons de hasard qui me retirerent a la force du poignet, je n'aurais pas eu l'occasion de conseiller a tous ceux qui visitent les régions volcaniques de se méfier des dépressions fermées, des cavernes et des grottes qui souvent abondent dans les champs de laves basaltiques, car le dioxyde de carbone, inodore et plus lourd que l'air, peut s'y trouver accumulé. Et son action est foudroyante.