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PROSPER MÉRIMÉEi
Prosper Mérimée est né a Paris le 28 septembre 1803. Il était le fils unique de Léonor Mérimée, amateur intelligent et peintre banal qui fut professeur de dessin a l'École Polytechnique, puis secrétaire de l'École des Beaux-Arts.
Il fit ses études au lycée Napoléon (Henri IV), puis a l'École de Droit. Son pere voulait qu'il devînt avocat. Mais apres sa licence (20 aout 1823), il abandonne le droit. C'est un jeune homme cultivé. Il connaît a fond l'anglais et l'espagnol. Tout l'intéresse : grec, philosophie, sciences occultes. Il est habile au dessin et a la peinture.
Il n'est pas pressé par le besoin. Il appartient a une famille de bourgeoisie aisée. Il peut donc mener une vie de dilettante, vie mondaine, vie de plaisirs. Il cultive les relations qui peuvent lui etre utiles et il a de joyeux amis en compagnie desquels il s'amuse. Il connaît Stendhal depuis 1822. La littérature l'attire. En novembre 1824 il publie dans le Globe quatre articles sur le théâtre espagnol. Il a lui-meme écrit quelques essais dramatiques. Il les a lus chez le peintre Delécluze qui réunit tous les dimanches des écrivains et des artistes. Il les publie en mai 1825 et il les présente comme étant l'oeuvre d'une comédienne espagnole dont il invente la personnalité et le nom : Clara Gazul. Le romantisme audacieux du Théâtre de Clara Gazul fit quelque scandale, mais assura la réputation du jeune écrivain.
En 1827, nouvelle mystification : il fait paraître la Guzia. Sous ce titre sont groupées vingt-huit prétendues ballades illyriques. Ce recueil semble revendiquer en faveur de la fantaisie et de la passion dans le lyrisme. En avril 1828, il publie la Jaquerie, fragments d'une comédie historique. Ici c'est la couleur locale qu'il recherche. A cette oeuvre, plutôt manquée, succede la Chronique du temps de Charles IX, roman historique, bâti sur une érudition solide (mars 1829). Jusqu'alors Mérimée a été un romantique militant. Il a maintenant trouvé sa voie, qui est de conter et de peindre. Il va encore publier deux comédies : le Carrosse du Saint Sacrement et l'Occasion, mais, pendant les années 1829 et 1830, années fécondes, son ouvre comportera surtout des nouvelles : Mateo Falcone, l'Enlevement de la redoute, Tamango, Federigo, le Vase étrusque.
De juillet a décembre 1830, il parcourt l'Espagne. Il retrouve la France en plein bouleversement politique. Pour ce jeune libéral ambitieux les circonstances sont favorables. Renonçant a la carriere diplomatique qu'il avait envisagée, il va devenir, a partir de février 1831, le collaborateur du comte d'Argout. Il le suit dans ses différents ministeres :
I. Le présent volume doit beaucoup a MM. Parturier et Mallion. Nous leur exprimons notre gratitude.