Bővebb ismertető
A Jacquerie n'a guere laissé de souvenir en France qu'une certaine horreur vague, une terreur feu renseignée. Que les nobles aient transmis a leurs enfants cette crainte légendaire des Jacques, des paysans, cela se conçoit. Mais que la bourgeoisie française qui, au XIV siecle, avec Etienne Marcel, -prévőt des marchands, donna la main aux -paysans contre la tyrannie féodale et plus de quatre cents ans plus tard abattit enfin la féodalité et la monarchie, ne parle jusqu'a aujourd'hui qu'avec cette épouvante de la Jacquerie, il y a la un étonnant paradoxe.A vrai dire, le caroxtere sanglant de la révolution des campagnes en 1358 a de quoi, apres des siecles, faire frémir les Français : mais non pas pour le sang noble répandu, qui est ruisseau a cőté des fleuves rouges de la répression, dont on oublie de parler. Et cet oubli-la n'est pas paradoxal : le meme voile est périodiquement jeté sur les crimes des contre-révolutions, par ceux-la memes dont la sensibilité s'exaspere pour les Louis XVI, les Nicolas II, les Laval ou les simples Brasillach.Mais il y a dans le grand silence de l'histoire et de laPRÉFACEIl n'existe presque aucun renseignement historique sur la Jacquerie. Dans Froissard, on ne trouve que peu de détails et beaucoup de partialité. Une révolte de paysans semble inspirer un profond dégout a cet historien, qui se complaît a célébrer les beaux coups de lance et les prouesses de nobles chevaliers.Quant aux causes qui produisirent la Jacquerie, il n'est pas difficile de les deviner. Les exces de la féodalité durent amener d'autres exces. Il est a remarquer que, presque dans le meme temps, de semblables insurrections éclaterent en Flandre, en Angleterre et dans le nord de l'Allemagne.En supposant qu'un moine fut le chef des révoltés, je ne crois pas avoir péché contre la vraisemblance historique. De fréquentes querelles divisaient alors le clergé et la noblesse. L'insurrection d'Angleterre fut dirigée par un pretre nommé John Bail.J'ai tâché de donner une idée des mours atroces du XIV siecle, et je crois avoir plutőt adouci que rembruni les couleurs de mon tableau.