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PRÉFACE
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Comme on peut le constater en lisant ses lettres de jeunesse, Zola, des ses premiers pas dans la littérature — au moment ou non seulement il commence d'écrire, mais surtout ou il prend conscience de sa nature d'homme entierement voué a la littérature — fut simultanément un créateur et un analyste. Il écrit des poemes, des comédies, des contes et des nouvelles, et en meme temps il porte des jugements sur les auteurs du passé ou sur les contemporains, esquisse des théories, essaie des systemes. Quand il s'adresse a ses amis Baille, Cézanne ou Valabregue, c'est souvent moins pour les convaincre que pour se donner a lui-meme une occasion de s'exprimer, comme il le ferait dans un journal. C'est ainsi que nous voyons, dans les années 1860-1865, se former son esthétique. Il admire Montaigne, Moliere, André Chénier, Musset, Shakespeare; il disserte sur Sand, Michelet, Hugo, Lamartine. Tres tôt, a vingt ans, il affirme une de ses convictions profondes: l'écrivain ne peut s'accomplir qu'en sympathie, en accord avec son temps. « 'Notre époque si telle, si saintel » écrit-il dans une lettre a Baille^. Et dans d'autres lettres, mois apres mois, année apres année, il développera ses préférences et ses théories artistiques.
Une lettre d'aout 1864, au poete aixois Antony Valabregue (1844-1900: il vivra a Paris a partir de 1867 et deviendra un critique et un historien de l'art), est souvent citée, car elle développe une théorie alors chere a Zola, celle des trois « écrans » : l'écran classique, l'écran romantique, l'écran réaliste.
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^ Jean-Baptiste Baille, d'origine aixoise, ami de jeunesse de Zola et de Cézanne. Il entrera a Polytechnique et fera une carriere d'ingénieur. Mort en 1918.
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