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I. 11 novembre 1918 : jour de rarmistice.
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J'ai du niai a dormir. Ce ncst pas étonnant. Tout
Paris est en moi, ce soir. De temps en temps je me penche' au balcon, alerté par Teuphorie générale. Des pétards explosent. Des feux de bengale s allument. La guerre est finie ! On les a eus ! Je n'entendais que cela dans les rues quand je suis arrivé cet apres-midi. Il y avait un tas de monde partout. Les filles m'embrassaient au passage, les gars me versaient des verres de vin et pourtant je n avais guere l'esprit a faire la fete. J'avais dans la tete encore le crépitement^ des coups de feu et le bruit sourd des canons, les plaintes^ et les supplices des blessés, les horreurs et les atrocités du champ de bataille, le carnage et la mort. Il y a quelques heures seulement, on parlait encore de tranchées, de fusillés, dans le train. Un gong s'est mis a sonner tout a coup et a interrompu l'histoire pour annoncer a ses protagonistes que l'on n'avait plus besoin d'eux dans les tranchées et qu'ils pouvaient se retirer. Pourrais-je oublier tout cela un jour ? Et est-ce bien vrai ? Est-ce que c'est l'armistice ? Il faudra recommencer une vie normale a présent !
Dans ma piaule^, en face du cimetiere de Montmartre, j'ai retrouvé ma vieille machine a écrire, intacte depuis mon départ, recouverte d'une housse^ en cuir. Je remarque en enlevant la housse qu'une feuille est restée entre les rouleaux. Je lis : « 15 octobre
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1. se pencher (v) : se mettre en avant.
2. crépitement (n) : bruit sec et rapide.
3. plainte (n) : expression d'une douleur par des mots ou des cris.
4. piaule (n) : logement, chambre.
5. housse (n) : couverture qui enveloppe un objet.
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